• Sainte Germaine et la famille de Montlaur ..... 1ère partie

    Germaine Cousin, dite Sainte Germaine de Pibrac (1579-1601), vierge et sainte catholique fêtée le 15 juin, fille de Laurent Cousin et de Marie Laroche. La légende dit qu'elle était atteinte de scrofules et avait une main atrophiée.

    Sa mère meurt alors qu'elle est encore très jeune, son père se remarie avec une femme qui, acariâtre, lui fait subir toutes sortes d'humiliations et maltraitances, et elle sera reléguée dans un appentis, loin de la vie familiale. Elle persuade son père d'aller garder les troupeaux où là, dans la nature, elle peut réciter son chapelet et trouver le réconfort dans la prière. Elle va tous les jours à la messe et donne le peu de pain qu'elle a aux pauvres. Sainte Germaine est la patronne des faibles, des malades, des déshérités. Elle est aussi la patronne des bergers. On la représente avec sa quenouille, accompagnée d'un mouton, mais aussi avec son tablier ouvert sur un bouquet de roses.

    Bernard Stanisset, auteur d'un livre sur sainte Germaine, cite l'ouvrage d'un certain abbé G. Rouquette, prédicateur, en 1869, qui commence par ces mots : "Je viens d'écrire la vie de Sainte Clotilde, première reine de France, et je disais à la dernière page : Je m'en vais du trône à la chaumière, j'écris en effet aujourd'hui la vie d'une bergère... en l'histoire de la reine des Francs".

    Ces gens, qui jugeaient en ces années 1579-1601 de la petite Germaine, n'avaient pas compris que 270 ans plus tard, l'évolution de la pensée et du langage se poursuivrait jusqu'à nos jours et continuerait sa progression.

    Une personne née en 1580 et jugée en 1860 semble illettrée, et cette personne de 1860 semble elle même illettrée par rapport à nos années 2018.

    Le contexte historique 

    Depuis 1530 le protestantisme s'était diffusé à Toulouse avec un certain succès, car il répondait à l’aspiration à un renouveau religieux et à une plus grande exigence morale de la part des fidèles déçus par le clergé catholique. 

    En 1558, l’Eglise Réformée est établie à Toulouse. En 1562, les Protestants ont, hors les murs, à la porte Villeneuve (actuelle place Wilson), un temple de bois où ils peuvent célébrer le culte, mais sous protection armée, car les relations entre la majorité catholique et la minorité protestante sont tendues. Mars 1562 marque en effet le début des guerres de Religion dans le royaume. A Toulouse, les Capitouls acquis à la Réforme (dont Pierre d’Assézat), projettent de livrer la ville au chef des rebelles huguenots, le prince de Condé, mais les parlementaires catholiques sont avertis du complot le 11 mai. Les Protestants tentent alors un coup de force, s’emparent de l’Hôtel de ville, des portes Matabiau et Villeneuve. Le Parlement destitue les Capitouls et appelle à l’aide Blaise de Monluc, lieutenant général du roi en Guyenne et chef des catholiques. Du 13 au 17 mai, Toulouse est le théâtre d’une terrible guerre de rues. 

    Toulouse, entourée de villes acquises aux Protestants (Montauban, Castres, L’Isle-Jourdain…), va devenir une citadelle catholique et développer un anti-protestantisme viscéral. Pibrac est très proche de L'Isle-Jourdain d'où est issu saint Bertrand de Comminges, et l'on retrouve tout proche également Montbrun, dans le Gers, où s'est établi une lignée des Pins, une autre branche s'est également établie vers Castres, on retrouve également sainte Germaine à Montbrun-Lauragais, à Lanta, d'où sont issus les Hunaud de Lanta, et ces deux villages sont proches de Baziège où il y eut une terrible défaite des chevaliers français contre les chevaliers occitans en 1219. Baziège est également étape de Compostelle, située à 26 km d'Avignonnet, là où eut lieu le massacre des Inquisiteurs en 1242.

    Presque toutes les grandes familles du Comminges et du Lauragais étaient acquises au Catharisme : il est donc dans la logique que ces mêmes familles aient été charmées par le Protestantisme. La belle-mère acariâtre de sainte Germaine était protestante, et l'image de sainte Germaine persécutée est l'image de l'église catholique persécutée .

    Il existe au moins deux procès-verbaux d'abjuration du protestantisme à Pibrac.

    Les Seigneurs de Pibrac sont la famille de Montlaur.

    La maison de MONTLAUR est citée dès le XI° siècle, avec Bernard 1 seigneur de MONTLAUR et de VAILHAUQUES en Languedoc, vivant en 1065", grand-père de Jean 1 de MONTLAUR, évêque de Maguelone" dit la " Gallia Christiana". Dans le même temps Pons de MONTLAUR était prévôt de l'Eglise de Maguelone et signait en 1055 à la donation de l'évêque Arnaud en faveur du chapitre métropolitain ; il apparaît encore en 1079 comme signataire à une autre donation faite par Pierre, comte de Substantion à ce chapitre, selon les anciennes chroniques de MM. de Sainte-Marthe rapportées par Ch. d'Aigrefeuille. Pons et Bernard de MONTLAUR (Bernard II) sont cités par Aigrefeuille au nombre des Seigneurs du voisinage de Guillaume, comte de Montpellier, qui se joignirent à lui et à Raymond, comte de Toulouse, pour partir à la première croisade décidée en 1095 au Concile de Clermont. Ainsi, la maison de MONTLAUR apparaît-elle, il y a 1000 ans, parmi les premières maisons du Languedoc. Le château de MONTLAUR au diocèse de Maguelone, "un des plus anciens châteaux de la province", dit encore Aigrefeuille, est le berceau de cette race. C'est au château de MONTLAUR en Bas-Languedoc que sont nés les premiers seigneurs de MONTLAUR qui illustrèrent ce nom et à partir desquels la filiation peut s'établir.

    I. - Bernard 1 de MONTLAUR, Seigneur de MONTLAUR et de Vailhauques au diocèse de Maguelone, cité en 1065. Il fut père de : 1°/ Pons de MONTLAUR. Il se croisa ainsi que Bernard II de MONTLAUR - qui suit - avec les Comtes de Montpellier et de Toulouse (Conf. Don Vaissette, Aigrefeuille,... etc.) On ne connaît pas le nom de sa femme. De lui est venu autre Pons de MONTLAUR qui figure comme témoin avec le Prieur de Saint-Vincent de Barbeyragues dans une donation faite par Bernard comte de Mauguio à l'église de Barbeyragues et à l'Abbaye de Saint-Chaffre du Monastier (Conf. Cartulaire de Saint-Chaffre, N° 473), lequel continua la descendance aînée des Barons de MONTLAUR en Bas-Languedoc auxquels appartenait Hector, Commandant pour le Roi, en 1424, la Part-Antique de Montpellier, dont le fils Antoine de MONTLAUR, marié en 1448 à Jeanne de RIGAUD de VAUDREUIL, substitua tous ses biens (au défaut de ses fils morts sans enfant et au détriment de sa fille Catherine qui recueillit seulement la baronnie de MONTLAUR) à Jean III de MONTLAUR baron de Murles, son parent, issu de Bernard II de MONTLAUR. 2°/ Bernard II de MONTLAUR. 3°/ Guillaume ou Guy de MONTLAUR. Il est cité par Aigrefeuille comme étant le frère de ce Bernard de Vailhauques qui partit pour la première expédition de la Terre Sainte avec Raymond, Comte de Toulouse et Guillaume de Montpellier.  
     
     III. Bernard III de MONTLAUR, Seigneur de Vailhauques et Castries en Languedoc, appelé aussi Bernard de Castries. Il apparaît comme un des personnages considérables du Languedoc, étant témoin dans un différend entre le comte de Montpellier et le comte de Melgueil en 1135 à côté de Raymond des Baux et de Laugier, évêque d'Avignon, et signant, en 1158, au contrat de mariage de Guillaume comte de Montpellier avec Mathilde sœur du duc de Bourgogne. D'après Aigrefeuille, la seigneurie de Castries, un des grands fiefs du Bas-Languedoc, passa à la Maison de MONTLAUR dans les conditions suivantes : En 1158, à la suite de son mariage avec Mathilde de Bourgogne, Guillaume de Montpellier hérita de son frère Tortose qui, ayant perdu sa femme, Ermessendé de Castries (de la première maison de Castries ), partit à Jérusalem pour y entrer dans l'Ordre des Templiers. Tortose de Montpellier engagea alors ses biens à son frère et lui fit donation du château de Castries qu'il avait du chef de sa femme. C'est ainsi que ce fief sortit de la Maison des premiers Seigneurs de Castries pour entrer dans celle de Montpellier d'où elle passa dans celle de MONTLAUR qui en jouissait dans le XIII° siècle, et enfin dans celle de La Croix pour laquelle elle fut érigée en Marquisat (1645). 
     
    Raymond II de MONTLAUR. Cité en 1301 comme un des Seigneurs de la Cour de Roger Bernard III comte de Foix. Dom Vaissète dit qu'il fut Commandeur de Caignac en 1299. 
                                                                                                Jeanne de MONTLAUR. Elle épousa le 31 décembre 1501 Jean I de HAUTPOUL, seigneur de Cassagnoles, fils aîné de Gaston de HAUTPOUL, seigneur de Cassagnoles, Félines et Ventajou, et de Jeanne de Sainte-Colombe, oncle de Bernard de HAUTPOUL, grand archidiacre et vicaire général de l'Archevêque de Narbonne 

     
    HAUTPOUL : Cette ancienne Maison du Languedoc prouvait sa filiation, selon La Chesnaye-des-Bois, depuis Pierre-Raymond d'HAUTPOUL, croisé, cité en 1084. Elle a donné aussi : Pierre-Raymond III de HAUTPOUL, présent à un accord entre le vicomte de Béziers et le comte de Provence, en 1163, Izam, lieutenant du Roi en Languedoc, en 1541, marquis d'HAUTPOUL par lettres patentes de 1734. Elle s'est alliée aux maisons : de Poitiers, de Clermont-Lodève, de Castries (première maison de ce nom), de Comminges, de Voisin, de Cardaillac, de Bermond du Caylar, de MONTLAUR, de Lordat, de Verdun, et aux Berthier de Wagram. 
     
     
    A SUIVRE....

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  • Commentaires

    1
    doudou
    Vendredi 2 Février à 16:32

    Belle présentation de Sainte Germaine, sa vie n'a pas été facile non plus, avec u contexte historique important plein d'enseignement. Merci de passer autant de temps pour les lecteurs que nous sommes et surtout Merci pour les partage c'est divin.

     

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